Association Finansol
Elles ont osé la finance solidaire !

Alix Guibert

Responsable des ressources financières de la Fédération Habitat et Humanisme
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Alix Guibert - Responsable des ressources financières de la Fédération Habitat et Humanisme

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Je suis diplômée d’une école commerce. Mon parcours professionnel se résume en deux années dans une agence de communication, puis en charge du financement à l’exportation de matériel ferroviaire dans une entreprise familiale. En recherche de solutions pour maintenir deux familles dans des logements en centre-ville à Lyon, ma rencontre avec Bernard Devert fondateur d’Habitat et Humanisme est décisive : il prône la réconciliation de l’humain et de l’urbain et jette des passerelles entre le monde de l’économie et la grande pauvreté. Je rejoins donc , il y a 25 ans, l’association Habitat et Humanisme qui vient de se créer à Lyon. Mon rôle : développer les placements solidaires mis en place par Habitat et Humanisme pour financer son action - loger et accompagner les familles en difficulté.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

La finance solidaire est un outil de cohésion sociale, un formidable vecteur de solidarité : les biens financiers au service des liens humains.

De plus en plus d’épargnants découvrent que la façon de placer leur argent n’est pas anodine : c’est un levier pour donner vie à des projets qui ont du sens. L’homme fragile est placé au cœur de la finance : c’est une révolution dans notre approche de l’argent.

Concrètement, grâce à la finance solidaire, ce sont plus de 20 000 familles que nous avons pu loger et accompagner, des femmes qui retrouvent des raisons de vivre et d’entreprendre.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Va où ton cœur te porte !

Je leur conseillerai de suivre leur intuition et de se faire aider par les structures existantes dans l’économie sociale et solidaire pour mener à bien leur projet.

Les femmes sont tenaces et concrètes, deux qualités pour réussir dans ce secteur.

http://www.habitat-humanisme.org/

Cécile Galoselva

Fondatrice de Etic
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Cécile Galoselva - Fondatrice de Etic

Pouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ?

Enfant de la république, de mes quartiers d’origine à un MBA à l’université d’Oxford, je suis passionnée par l’entrepreneuriat social. J’ai créé ETIC® - Foncièrement Responsable en 2010 pour offrir des bureaux mutualisés de qualité aux acteurs du développement durable.

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

Mon activité est très gourmande de capitaux, dès le démarrage, les acteurs de la finance solidaire tels Phitrust, Garrigue et les CIGALES ont cru en ETIC® et ont apporté du capital afin de nous permettre d’acheter et rénover notre premier espace pour les associations, MUNDO-M à Montreuil. D’autres acteurs les ont rejoints dans notre phase de développement, comme par exemple la Société d’Investissement de France Active, Amundi et le Comptoir de l’Innovation. Cela nous a permis de financer trois autres projets : Les Ateliers de Castres, le Château de Nanterre et Hévéa à Lyon… Notre essor a également été facilité par des partenaires bancaires comme le Crédit Coopératif, La Nef et Triodos.

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

Foncez, suivez votre vision !

Soyez fière de votre genre !

Rejoignez des réseaux pour éviter la solitude de la dirigeante : Entrepreneurs d’Avenir, CJD, Mouves, PWN…

Quel est votre meilleur souvenir d'entrepreneuse ou anecdote ?

Les prix : du Grand Prix Talents des cités en 2011 au trophée Femmes en Or en 2015, ETIC et moi avons été reconnues et chaque cérémonie re-booste le moral et me permet de continuer à me battre pour mes valeurs, mes idées et mon projet !

http://www.etic.co

Claire Besson

Secrétaire Générale de la Fondation Crédit Coopératif
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Claire Besson - Secrétaire Générale de la Fondation Crédit Coopératif

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Après une carrière assez variée au sein du Crédit Coopératif, notamment dans le développement des associations et des organisations représentatives, je suis devenue il y a deux ans secrétaire générale de la Fondation d’entreprise du Crédit Coopératif. Après avoir participé au financement bancaire des associations et organismes de l’ESS, c’est désormais par les actions de mécénat de la Fondation Crédit Coopératif que je peux promouvoir les initiatives de l’économie sociale et solidaire. La Fondation soutient des projets relatifs à la cohésion sociale, au développement durable, à la connaissance et à la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

La finance solidaire est réservée aux entreprises respectant les critères de l’entreprise sociale : ces entreprises portent en elles le modèle d’une autre économie et placent l’utilité sociale avant la recherche du profit ; la finance solidaire permet de donner un coup de pouce financier, mais aussi une visibilité, à ces entreprises.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Etre tenace, toujours avoir confiance et ne jamais renier ses convictions.

http://www.credit-cooperatif.fr/fondation/

Elena Lasida

Sociologue, Professeur à l'Institut catholique de Paris, spécialiste de l’ESS et de la finance solidaire
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Elena Lasida - sociologue, Professeur à l'Institut catholique de Paris, spécialiste de l’ESS et de la finance solidaire

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Je suis enseignante-chercheur à l’Institut Catholique de Paris où je dirige un Master en « Economie solidaire et logique de marché ». C’est dans le cadre de ce master que j’ai affaire à la finance solidaire. Je ne suis donc pas une « actrice » mais plutôt une « observatrice » de ce type de pratique. Je forme des personnes qui vont travailler dans le secteur mais également, j’étudie ses fondements et son évolution. Je suis donc de ce fait en contact direct avec des acteurs de terrain. Ce qui m’intéresse c’est d’analyser dans quelle mesure la finance solidaire en particulier, et l’économie solidaire en général, contribuent à faire évoluer la société autrement.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

La finance est indispensable pour développer une activité productive ou commerciale et de ce fait la finance solidaire devient une pièce clé du développement de l’ESS. Je trouve par ailleurs que la finance solidaire est l’un des secteurs les plus innovants de l’ESS, à travers la création permanente d’outils et de dispositifs nouveaux. De ce fait, elle tire toute l’ESS vers l’innovation et la créativité. Elle a contribué de manière spéciale à développer l’entrepreneuriat féminin via la microfinance. Elle a ainsi aidé à révéler et valoriser une autre manière d’entreprendre qui privilégie la coopération sur la concurrence, le souci de l’autre sur la rivalité, la qualité relationnelle sur la quantité de profit. Ce ne sont pas des caractéristiques exclusives de l’être féminin, mais elles y sont plus particulièrement présentes.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Je lui dirais de mettre bien à profit son « être-au-monde » féminin : son rapport à l’espace marqué par la qualité de l’accueil plutôt que par son occupation ; son rapport au temps marqué par le rythme cyclique plutôt que par la flèche tirée toujours vers l’avant ; son rapport à autrui marqué par la qualité de relation plutôt que par l’efficacité instrumentale. L’accueil, le cycle et la relation sont des composantes essentielles de toute démarche d’entrepreneuriat.

http://www.icp.fr/

Félicie Goyet

Co-Présidente de la Fédération nationale des CIGALES
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Félicie Goyet - Co-Présidente de la Fédération nationale des CIGALES

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Diplômée en 2006 de la Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC, je travaille depuis 10 ans sur les problématiques d’égalité des chances dans l’accès aux études supérieures et à l’emploi pour les jeunes de milieu populaire et les jeunes handicapés. Ayant découvert les CIGALES en 2008, j’ai tout de suite adhéré au concept et ai rejoint un club avant d’en créer un à mon tour en 2013. Convaincue de l’utilité d’un tel mouvement, j’ai décidé de m’investir davantage dans son développement en prenant la présidence de l’Association des CIGALES d’Ile-de-France en 2013 ainsi que la co-présidence de la Fédération nationale en 2014.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

Par définition, la finance solidaire évalue les projets entrepreneuriaux en s’appuyant sur d’autres critères que ceux de la finance plus «traditionnelle». Elle permet ainsi à des projets peut-être moins performants économiquement mais ayant un réel impact social ou environnemental de voir le jour et de se développer. Elle donne aussi sa chance à tous types de porteurs de projets, notamment des femmes de tous milieux et tous types de formation souvent exclu-e-s des circuits de financement classiques trop normés !

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Le plus dur selon moi est d’arriver à changer les représentations stéréotypées qui enferment les femmes et les hommes dans des rôles respectifs bien définis. Celui d’entrepreneur (comme celui de chef d’entreprise) est souvent associé à un rôle masculin ce qui fait que peu de femmes s’aventurent dans cette voie. Je dirais donc que la partie est déjà bien gagnée si une femme s’autorise à entreprendre !!

http://cigales.asso.fr/

Isabelle Guénard

Conseil en investissement à impact et finance solidaire et Vice-présidente du Comité du label Finansol
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Isabelle Guénard - Conseil en investissement à impact et finance solidaire et Vice-présidente du Comité du label Finansol

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Je suis une financière en recherche de sens : j’ai aujourd’hui des activités de conseil en investissement et de formation dans les domaines de la finance solidaire et de l'investissement à impact positif, au sein d’une petite structure que j’ai montée l'année dernière. En effet, après avoir été pendant presque 20 ans gérante de fonds d'actions cotées au sein de sociétés de gestion, filiales de groupe d'assurance ou bancaires, j’ai décidé de m’investir à 100% pour une finance qui s’engage. Même en tant que responsable de gestion et d’équipe, j'avais d’ailleurs toujours conservé la gestion en direct des portefeuilles ISR et en particulier d’un fonds solidaire que j’ai monté en 2006 sur le thème du renforcement du lien social en France au travers de l'emploi et du logement. C’est comme ça que j’ai découvert Finansol (dont j’ai l’honneur de co-présider le Comité du label) et les entreprises sociales accompagnées par la finance solidaire.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

L'ESS est un sujet vaste et complexe, mais c’est avant tout un secteur dynamique, innovant, contributeur de croissance et d'emplois. Mais il est souvent mal connu car il rassemble des acteurs, des activités, des formes juridiques très divers. Et il est parfois mal perçu, considéré comme trop risqué, trop subventionné, insuffisamment efficace ou adapté à la nouvelle donne économique. Or la finance solidaire apporte un nouvel éclairage. Car les produits financiers solidaires permettent justement aux épargnants, en soutenant de façon sélective et transparente les projets à forte utilité sociale ou environnementale de l’ESS, d’avoir un impact sur la société et de faire un investissement qui a du sens. Pour les entreprises solidaires, cette finance propose de nouveaux outils pour démarrer un projet, accélérer le développement, pérenniser la croissance. Elle porte un nouveau regard sur les entrepreneurs sociaux – que ce soit des hommes ou des femmes – centré sur la personne et son projet, avec peut-être moins d’a priori et plus d’ouverture que la finance classique.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Croire en elle, s’entourer, se faire et faire confiance... et se battre bien sûr. Décider d’entreprendre est en soi une réussite, l’aventure de l’entrepreneuriat est donc en soi un succès. C’est pourquoi les discours inquiets et la peur de l’échec, que peuvent renvoyer certains – hommes ou femmes d’ailleurs - sont à balayer. Mais les femmes entrepreneurs sont pragmatiques de toute façon, elles se sont engagées pour faire avancer leur idée de façon efficace, elles ont une vie prenante et pas de temps à perdre avec les a priori d’une autre époque. Je ne sais pas quels bons conseils je pourrais lui donner fait mais je lui dirais bravo en tout cas.

Laurence Moret

Directrice de la Presse et des Partenariats Institutionnels du Crédit Coopératif et Vice-présidente de Finansol
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Laurence Moret - Directrice de la Presse et des Partenariats Institutionnels du Crédit Coopératif et Vice-présidente de Finansol

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Adolescente, je voulais devenir grand reporter pour découvrir le monde et le partager avec des lecteurs. Mais après quelques années, j’ai pris conscience que j’avais besoin moi aussi d’être dans l’action, et ne pas me contenter d’écrire sur les « faisants ». Après une expérience dans la banque classique qui m’a permis de connaître le métier, je suis rentrée au Crédit Coopératif pour mettre mes valeurs en adéquation avec mon travail. En tant que responsable des partenariats, j’ai eu la chance de découvrir des associations, des ONG et des entreprises solidaires pleines d’une énergie créatrice au service de l’Humain et de l’environnement, avec lesquelles nous avons co-créé des produits, des services, de la visibilité réciproque. Le Crédit Coopératif m’a aussi donné l’opportunité d’entrer au cœur de ces structures engagées en devenant représentante de la banque à différents conseils d’administration. Et j’ai le bonheur d’avoir été nommée Vice-Présidente de Finansol depuis quelques années, association dont le développement me tient à cœur. Aujourd’hui, je m’occupe également des relations presse du Crédit Coopératif, une manière de « boucler la boucle » de ma vie professionnelle, mais aussi de développer de nouvelles compétences au bénéfice de la banque et des structures de l’ESS.

En quoi la finance solidaire est une réponse au développement du secteur de l’ESS et une aide à l’entrepreneuriat féminin ?

La finance solidaire est vertueuse dans le sens où elle apporte des réponses concrètes aux besoins de sens des épargnants et de financements des créateurs d’activité à impact social. Elle permet d’aborder les projets sous les prismes de l’humain, de l’engagement personnel, de l’impact environnemental et social, avant d’étudier le niveau de retour sur investissement. Face à un manque de confiance dans l’avenir et dans les solutions standards, le retour vers des démarches de développement de l’économie réelle, des circuits courts, de citoyenneté, revient au cœur des enjeux de la société actuelle. Et les femmes, que je retrouve très majoritairement dans les cours de finance que je donne dans le certificat Entreprises et Pauvreté d’HEC, prouvent qu’elles sont au rendez-vous avec ces défis.

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat est une démarche personnelle qui demande l’implication totale de la créatrice, dans le sens où la création d’entreprise ne peut réussir qu’avec son engagement sans réserve.

Une femme doit, comme un homme, avoir construit son projet en étudiant toutes les facettes, son offre, son marché, ses concurrents, ses atouts différenciants, sa conscience des risques mais aussi des potentiels pour y faire face. Si les femmes apparaissent parfois moins ambitieuses dans leurs projets, elles sont souvent tout simplement plus prudentes et embrassent une dimension de bien commun qui est une source de réussite dans l’entrepreneuriat social.

http://www.credit-cooperatif.fr/

Magalie Jost et Sybile Chapron

Co-dirigeantes de Nature et Aliments
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Magalie Jost et Sybile Chapron - Co-dirigeantes de Nature et Aliments

Pouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ?

Nous sommes deux jeunes femmes associées pour la direction de Nature et Aliments. Sybile a un parcours aval, d’ingénieur agroalimentaire. Après une expérience chez les œufs Geslin, elle a rejoint l’équipe de Nature et Aliments en 2006 au poste de responsable de production. En 2011 Sybile s’est associée avec moi, Magalie, pour la reprise de l’entreprise. Pour ma part, j’ai un parcours amont, je suis ingénieur des techniques agricoles. Après un parcours dans le développement, j’ai rejoint la CCMSA pour travailler sur le risque chimique pour les agriculteurs et leurs salariés et en 2009, j’ai rejoint Nature et Aliments.

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

Les acteurs de la finance solidaires font partie du pool bancaire de l’entreprise et nous avons des parts sociales à la NEF comme au Crédit Coopératif. Lors de la construction de notre nouvelle usine, nous avons solliciter les deux structures pour compléter notre pool bancaire.

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

Premier conseil, chercher le réseau existant sur la ville où est la personne : exemple ECOSSOLIES sur Nantes, ensuite se rapprocher de la NEF pour financer le projet, enfin inscrire la démarche ESS dans l’ADN de son entreprise pour avoir une cohérence globale.

Quel est votre meilleur souvenir d'entrepreneuse ou anecdote ?

Comme anecdote, je dirais avoir croisé mon associée actuelle durant nos études lors d’une rencontre inter ENIT sur Bordeaux et se retrouver une dizaine d’années plus tard, s’associer sans se connaître et pourtant former un beau binôme de femmes dirigeantes aux valeurs solidaires !!

http://www.nature-aliments.com/

Muriel Robine

Présidente de l’association Coverdressing
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Muriel Robine - Présidente de l’association Coverdressing

Pouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ?

Les fondations de notre association COVER se sont construites sur les constats que j’ai pu faire en rédigeant un Mémoire de Master 2 sur «La mode comme outil d’inclusion des personnes en situation de handicap». Trouver à s’habiller «comme les autres» relève du défi lorsqu’on a des contraintes du fait d’une mobilité réduite. Et faire son shopping vestimentaire n’est pas simple quand on ne voit pas, qu’on n’entend pas, qu’on ne peut pas lire. J’ai fait de belles rencontres en enquêtant sur le sujet, qui ont souhaité que l’on travaille tous ensemble à des solutions. C’est ainsi que sont nés la belle équipe de COVER et ses projets de webzine, de label Bien à Porter et d’étiquette vestimentaire innovante.

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

L’accompagnement de Haute-Normandie Active, au-delà du financement apporté, nous a permis de nous poser les bonnes questions alors que nous n’étions qu’au début, encore un peu flou, de notre projet. Une rationalisation alors nécessaire de nos objectifs, stratégies et méthodes pour bien solidifier nos bases ! L'esprit bienveillant, mais néanmoins très critique du chargé de mission, nous a aidé à passer les premières turbulences d'un projet ambitieux.

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

Le premier, c’est d’être tenace : lorsqu’on porte un projet innovant et complexe, il faut commencer par déconstruire les préconçus de nos interlocuteurs, qui de plus n’ont bien souvent que trop peu de temps à vous accorder.

Le second, c’est de ne pas douter de soi. Les femmes, je crois, ont une plus grande faculté que les hommes à écouter les autres et à les prendre en compte, ce qui amène à se poser souvent beaucoup de questions parfois déstabilisantes. Il faut considérer cette capacité à écouter et à se réinterroger comme une force, qui permet de maitriser toutes les facettes du projet.

Enfin, je pense qu’il faut se dire que l’on peut changer vraiment le monde, même par le petit angle de notre projet. Entreprendre, c’est agir et donc influer sur ce qui nous entoure. En développant un projet social et solidaire, on contribue concrètement à construire un monde meilleur.

Quel est votre meilleur souvenir d'entrepreneuse ou anecdote ?

Il y en a beaucoup. Il y a une sorte d’exaltation à construire à plusieurs un projet qui nous tient à cœur et nous relie. A titre individuel, c’est sans-doute le déjeuner à l’Elysée avec le Président de la République en mai 2014 : quand le chef de l’Etat remarque votre projet et veut en savoir plus, veut connaître votre vision de la société, c‘est une sacrée reconnaissance qui rejaillit sur vous et votre équipe. Le plus difficile dans ces cas-là, c’est d’essayer de vider son assiette.

http://www.coverdressing.com/

Françoise Vernet

Présidente de l'association Terre et Humanisme
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Françoise Vernet – Présidente de l'association Terre et Humanisme

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Je suis présidente de l’association Terre et Humanisme, directrice du magazine Kaizen et responsable média de l’ONG Colibris. Après des études commerciales et 15 ans en entreprise (Editions Play Bac, Nature et Découvertes, Terre Vivante, Melvita), j’ai souhaité donner un autre sens à ma vie professionnelle en créant la Fondation Pierre Rabhi.

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

Terre et Humanisme est soutenue depuis plus de 10 ans par les produits Agir (livret et carte) du Crédit Coopératif. Cette aide nous permet d’accompagner des paysans et des associations de paysans sur le chemin de l’autonomie alimentaire en démultipliant les formations à l’agroécologie. Nous avons également pu accompagner le village malien de Tacharane depuis 12 ans dans leurs pratiques agroécologiques avec notamment la création du CAPROSET, ferme de production de semences endémiques. Lors de la création de la Fondation Pierre Rabhi, nous avons été accompagnés par des experts consultants via Ashoka et cela nous a fait gagner beaucoup de temps et éviter des erreurs de parcours.

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

  • S’assurer que le projet intègre toutes les composantes sociales, environnementales et économiques
  • Diversifier ses sources de soutien
  • Se faire accompagner, conseiller par des acteurs de l'ESS

Quel est votre meilleur souvenir d'entrepreneuse ou anecdote ?

Mon meilleur souvenir d'entrepreneuse est le soutien bénévole de personnes touchées par nos sujets que sont l'agroecologie, le vivre ensemble, le faire sa part... et qui sont prêtes à donner du temps, des mises en relation, de l'énergie pour nous aider à incarner nos idées.

http://terre-humanisme.org//

Mieja Vola Rakotonarivo

Directrice de l’entreprise Nutri’zaza à Madagascar
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Mieja Vola Rakotonarivo - Directrice de l’entreprise Nutri’zaza à Madagascar

Pouvez-vous présenter votre activité et votre parcours en quelques mots ?

Ingénieur agronome, titulaire d’un master en technologies alimentaires, je suis Mieja Vola RAKOTONARIVO, Directrice générale de Nutri’zaza depuis 2013. J’ai commencé à travailler en 2004, au sein de la représentation du GRET à Madagascar en tant que Responsable de volet rural, ensuite responsable agroalimentaire avant de piloter le projet de création de l’entreprise sociale Nutri’zaza en 2011.

L’entreprise sociale Nutri’zaza a été créée en 2013 pour apporter une contribution à la lutte contre la malnutrition infantile à Madagascar. C’est une société anonyme qui compte actuellement une centaine de salariés. Cette entreprise a été créée par le GRET avec 4 autres partenaires, dont la SIDI (investisseurs et partenaires), TAF (opérateur malgache – producteur) ou encore l’association malgache APEM. Nutri’zaza gère la distribution de plusieurs produits fortifiés pour différents groupes vulnérables et à travers plusieurs réseaux de distribution dont les restaurants pour bébés.

Comment les acteurs de la finance solidaire vous ont-ils soutenus dans votre démarche d’entrepreneuriat ?

Sans les acteurs de la finance solidaire, le démarrage de l’entreprise aurait été plus difficile. A travers la participation de la SIDI au capital de Nutri’zaza, à hauteur de 88 000€, on a pu bénéficier de la finance solidaire, ce qui a permis de créer l’entreprise avec d’autres partenaires, de faire développer plus rapidement les activités de l’entreprise et de toucher plus de population vulnérables. Cet appui nous permet aujourd’hui de travailler avec des femmes, qui sont pour la plupart des cas sociaux, de prendre le temps de les former, de les accompagner plus longtemps pour qu’elles progressent et deviennent performantes. Mais surtout, il nous permet de rendre viable et pérenne quelque chose à laquelle nous croyons : la possibilité d’un service de qualité, accessible pour les populations, même pauvres.

Vos 3 conseils à une femme qui souhaite entreprendre dans le secteur de l’ESS ?

Quand on entreprend dans le secteur de l’ESS, le plus difficile est l’évaluation de l’impact, aussi, il faut des indicateurs précis chiffrés ou non, pour pouvoir démontrer qu’on gère une entreprise qui a d’autres vocations que l’aspect financier.

Qui dit ESS ne veut pas dire moins de rigueur ou moins de défis, au contraire. Mais il n’y pas mieux que les femmes pour jongler avec une équation à plusieurs inconnus !

Entourez-vous des bonnes personnes. L’humain est le premier atout de toute entreprise, les salariés engagés, dans une entreprise en laquelle ils croient, sont les piliers de l’entreprise.

Si vous avez une idée en laquelle vous croyez, et que vous peinez à l'a développer par manque d’appui, il y a d’autres alternatives que les voies de financement ordinaires.

Quel est votre meilleur souvenir d'entrepreneuse ou anecdote ?

Je travaille beaucoup avec des femmes, les animatrices, distributrices de la KobaAina ou « bouillie de vie » pour les enfants à travers le réseau des restaurants pour bébés. Mon meilleur souvenir c’était la joie de ces femmes, qui ont travaillé depuis des années avec nous en tant que prestataires et qui sont devenues salariées de l’entreprise, avec tous les avantages que cela leur donne (droit à la médecine du travail, à une mutuelle santé, etc.). Plusieurs d’entre elles ont témoigné leur joie de faire partie de l’entreprise, lors d’un évènement en team building organisé par l’entreprise. Peu de temps après, elles se sont reconnues quand elles ont vu les échos des Grands prix de la finance solidaire dans les journaux locaux, tellement fières, de faire partie de cette entreprise atypique, et dirigée par une femme !

http://www.gret.org/